vendredi 17 mai 2013

Le corsaire de Bien-Assis

Allez garcons, chargez mitraille. Tous sur le pont pour la bataille,
et par la poudre et le canon nous montrerons à l'ennemi
que toujours est debout le corsaire de Bien-Assis

Sous les remparts d'un chemin d'veille
Captaine Francois appareille.
Le cap à l'ouest ou au levant
Il croise en Manche par tous les temps.

Il fut un homme de biens-assis,
avait château et terres aussi.
Il préféra laisser les terres
et choisit d'écumer les mers.

un peu brigand , un peu pirate
pour la Bretagne corsaire aussi
face à l'anglais gagna sa gloire
au nom de captaine Francois

Nous sommes corsaires de la Bretagne,
parfois pirates et c'est ainsi.
Nous sommes des gueux, nous sommes des rois,
aux ordres du capitaine François.

Larguons les ris dans la misaine
et qu'aucune voile ne faseye.
Tirons nos bords dans la bouscaille,
tendons nos rets pour la bataille.

Et par nos haches d'abordage
et par mousquets et par courage
nous gagnerons , par la grand hune ,
par pilleries belle fortune

François du Quélenec de Bien-Assis, corsaire breton
Source: Bibliothèque numérique de Rennes - Revue de Bretagne et de Vendée - tome 5 - Le commerce et la féodalité en Bretagne, page 444

jeudi 25 avril 2013

On l’appelait la Jeanne

On l’appelait la Jeanne, un peu affectueusement.
celle qui, pour un profane, n'était qu'un bâtiment,
un croiseur de bataille comme il y en eu tant d'autres,
une longue coque acier, une couleur gris argent,

Mais pour tous les matafs, le rêve était tout autre.
la jeanne entrant en rade évoquait l'Orient,
la mer des sargasses, les atolls et les côtes,
les rivages lointains, les pays du levant.
Elle fit tant de campagnes, et tant de tours du monde,
portant notre présence au coeur des évènements,
et sur les mers du monde forma nos aspirants.
On l’appelait la Jeanne,ce bon vieux bâtiment
qui quitta l’arsenal il y a cinquante ans.
et porta l’oriflamme sur tous les océans.

Le porte-hélicoptère "Jeanne d'Arc" a été lancé en 1960 et retiré du service en 2010.
Bâtiment-école, il emportait pour un tour du monde les élèves officiers de marine.
Il a effectué au cours de sa carrière plus de 3 millions de kilomètres, soit 9 fois la distance de la terre à la lune.

mercredi 24 avril 2013

Per krajono kaj fosilo

en honoro de René-Guy CADOU
en tiu nebula lando li naskiĝis.
ĉielo kaj pluvo eterne miksiĝis.
en la kameno brulas la sektorfo,
eksurteriĝas en la mateno sunon .
li volupte flaras odorajn matenojn,
odorojn de blatojn, de freŝan gudron,
li admiras barĝoj sur la pajlo,
aŭskultante maleojn de la ŝip ĉarpentisto.
Li forkuris la urbon, pro ĝiaj simboloj
elektis la marĉoj, maro de brierejuloj [1].
Ĉi artefarita vivo ne fariĝos sian,
li nune ekvivos per lia pasio.
Li havis en sia koro natura aspiron,
en siaj fingroj skrivantan deziron,
premante kontraux la koro siajn kajero kaj krajonon
tenante inter la manoj sia spato.

Li kredis en sia destino, semantis paŝtejon
kaj elektis sian vojon per la forto de skribo.
kombinante tra la verbo kulturecon kaj kultivadon
li manipulantis per pasio la spaton kaj la plumon.
Notes
[1La Briero (aŭ granda briero) estas grandega marĉo en la okcidenta de la Francio

samedi 20 avril 2013

Aŭskultu bone, knabineto

Aŭskultu bone, knabineto,
kiel ondetoj plaŭdas,
kiel la vento bruetas,
kiam lande li blovantas.
Se vi kapabla estas
aŭskulti aŭ aŭdi,
fabelojn vi ekscios.
ekde pasintaj tempoj ili venintas.
La vent’ diros vin kial
ĝi blovas trakampare,
kial karesi la genistojn,
kial kurbigi la uleksojn.
Glitantas super la maro
ĝi blovplenigas velojn,
puŝante ŝipetojn
preter la horizonto.
Ĝi diros vin same kial
ĝi kelkfoje stormas
kaj kun sia blovo
grandiĝas ondojn.
Sed hodiaŭ la vent’
ne estas atakema,
ĝi simple volas
odorigi printempon.

mercredi 22 août 2012

Sacré Tonnerre

Début juillet 2012 est décédé Michel TONNERRE.
Enfant de Groix, auteur talentueux, il est à l’origine de nombreux chants de marins.
Ces quelques mots lui sont dédiés.

Groix peut pleurer, sacré Tonnerre.
son vieux pirate un peu bourru,
frère de la côte, marin poète,
le grand Michel, a disparu.
De Macao à La Barbade,
Iles lointaines et caboulots,
par ses refrains et ses audaces
chantait la vie des matelots.
Le vent est bon, sacré Tonnerre.
comme tu savais saisir l’instant,
et par l’esprit de la bourlingue,
tu écumais tes océans.
Tu es parti, sacré Tonnerre.
en nous laissant un beau sillage,
T’es parti pour le grand voyage,
celui dont on ne r’vient jamais.
Mais t’as laissé, sacré Tonnerre,
une bordée d’rimes au fond des coeurs.
le p’tit garcon ou bien Talberg,
le gabier noir ont nos faveurs.
Nous n’t’oublierons, sacré Tonnerre,
et nous boirons à l’amitié.
nous viderons, face à la mer
un quart de rhum à ta santé.

dimanche 26 juillet 2009

Allez captaine

Allez Captaine fait pas ton fier
paye donc ton coup, c’est pas souvent
juste un p’tit verre, une petite bière
en souvenir du bon vieux temps

On a tous deux, des nuits entières
subi le froid dans nos cabans
et les doigts gourds, sur nos visières
scruté la mer, maudit le vent.

On a tiré sur des aussières
à la manoeuvre par tous les temps
ou main sur main sur des filières
mouillé des nasses sur les grands bancs

vie de matelot, vie de misère
le dos brisé, le froid, le vent.
j’ai pas voulu suivre ces amers
j’ai pas comme toi serré les dents

J’ai dérapé, j’en suis pas fier
A Pontaniou j’ai fait mon temps
je chauffe mes os au grand soleil
J’ai connu l’ombre bien trop longtemps

Mais toi mon vieux, t’as l’air prospère
tu mènes ta barque loin des brisants
t’es un notable, d’allure altière,
un des messieurs de l’armement

Alors Captaine fait pas ton fier
paye moi un coup, c’est pas souvent
juste un p’tit rhum, une dernière bière
en souvenir du mécréant.

mardi 2 juin 2009

La bêche et le crayon

Il est de cette terre de marais et brumes
ou le ciel et la pluie se cotoient sans fin
ou la tourbe assèchée dans l’âtre se consume
ou l’aigrette se pose au soleil du matin

Il hume par gourmandise les matins qui embaument
l’odeur des copeaux, celle du goudron frais
admire les coques des chalands au dessus des chaumes,
écoutant les maillets des calfats du marais

Il avait fui la ville, ses symboles et ses murs
fait le choix du marais, la mer des briérons.
allant dire à la ville qu’il n’en aura plus cure,
Qu’il vivra désormais des fruits de sa passion

croire en son destin en semant la pature
et forcer le chemin par le flot du crayon .
marier par le verbe l’essence des cultures,
manier par passion la bêche et le crayon.