dimanche 11 novembre 2007

Le roi Marc'h

Laissez-moi vous conter l’histoire, à peine remaniée,
D’un roi de basse bretagne, aujourd’hui oublié.
Il vécut en des temps anciens, forts reculés,
Marc’h était son nom, voici sa destrnée :

L’homme aimait la chasse et la traque du gibier,
Il poursuivit longtemps une biche apeurée
Lacha plusieurs flèches, sans jamais la toucher,
Mais la forçat enfin, aux roches de Tréoultré.

Croyant l’affaire faîte, la course achevée,
Il descendit de son grand destrier,
sortit son couteau, allait l’achever,
Quand de sous la peau du cervidé

Sortit une jeune fille paraissant énervée.
Je suis Dahut dit-elle, de l’océan suis née,
J’ai rang de princesse et tu m’a défié.
La vengeance sera mienne, ainsi ai-je décidé :

Des oreilles de ton cheval, tu seras affublé.
La sentence à peine prononcée fut pleinement exécutée
Et le roi dut cacher cette triste vérité.
Ainsi fut-il fait et pour de longues années,

Rien ne transpira, tout fut bien gardé..
Il fut dit dans les campagnes, mais à voix chuchotée :
femme qui partage sa couche au matin est emmenée.
Nul n’en trouve trace, elle disparaît à jamais.

Il en est ainsi chaque jour de l’année.
Pourtant, un homme sait. Le roi lui a confié.
Chaque matin il le voit et le rase. Il est son barbier.
Un secret si lourd pousse à s’en libérer.

Au vent et aux roseaux le secret fut crié.
Grande fête au château fut un jour décidée
De cornouailles ou d’ailleurs les plus grands furent conviés.
Un musicien était là, il était admiré,

Comme un grand pen soner était considéré.
Pour que le son éclate, que la musique fasse danser
Il ordonna à tous ses sonneurs : "que les anches soient changées"
Et comme il est de bon usage dans l’art de bien sonner,

Dans de jeunes roseaux les sifflets furent taillés
Faut-il vous conter la suite ? vous l’avez, je pense deviné.
Quand les sonneurs du bagad ont commencé à jouer
Binious et bombardes ont à l’unisson résonnés :

"Le roi Marc’h a les oreilles d’un équidé"

samedi 21 juillet 2007

Janus

J’ai entendu ce matin,
Sur les ondes, parmi des chants,,
un récit qui m’est témoin
De l’influence d’un enseignement

Un homme disait avec entrain :
"J’aime la vie, j’aime les gens".
Il aidait son prochain
Et donnait de son temps

Il était né d’une terre
De soleil et de traditions.
Il les craignait, les respectait
Elles guidaient sa perception.

Que sont le vice ou la vertu ?
La coutume y donne définition ?
Qui se marie doit être battue
Est une des prescriptions.

Ainsi donc devient devoir
Un comportement décalé.
Ce prétexte au gout barbare
Est abandon d’humanité.

Frapper fort et sans regret
Constituait sa solution
Ne pas paraitre faible
Etait sa préoccupation

Frapper fort pour exister
au yeux des compagnons,
Et accepter cette dualité :
Mi-homme mi-démon.

Alors, à qui veut m’écouter
Je dis qu’il faut sans hésiter
Savoir parfois fouler aux pieds
Des siècles de tradition

Je dis et je m’engage :
Accepter est être lâche.
Il faut dire "non" sans relâche,
Etre fort c’est s’opposer.

vendredi 15 juin 2007

A Turennes, pour embarquer

Julienne DAVID est née aux "Places", un lieu-dit de Saint-Mars-du-Desert vers 1773/1774. Elle s’engagea comme corsaire sous le nom de Jacques DAVID. Faite prisonnière, elle fut déportée sur un ponton-prison anglais. Au bout de 8 ans, un prisonnier ayant révèlé son sexe, ses geôliers la libérèrent. Revenue en France, elle exercea divers métiers sous le nom de "jacquot". Elle fut notamment jardinier, roulier, et garçon d’écurie. Elle est décédée le 26 janvier 1843. Une rue de Nantes porte son nom


Née à Saint-mars auprès de Nantes
Fille d’une terre d’arrière pays
Petite Julienne dès son enfance
Rêve déjà, désobéit

REFRAIN
* Longues années dans les geôles anglaises
* Longues années de petits métiers
* Captain julienne de retour à Nantes,
* Au quai Turennes veux réembarquer’’

Ne peut se voir en paysanne
Dans une vie déjà tracée
Mais aborder d’autres rivages
Courrir les mers, se dépasser.

Une femme ne peut les armes prendre
Et embarquer pour guerroyer
Un autre nom et sans attendre
Pour "Jacques David" s’est décidé.

Embarque à Nantes à 17 ans
Pour combattre face à l’anglais
sur une frégate, sur un corsaire
Qui à la course vient d’être armé

L’ile feydeau, vaisseau de pierre
Tes quais ont bien changé
Duguay-Trouin ou bien Turennes
Sont maintenant de vertes allées.

Puisque sur l’herbe les bateaux poussent
Et qu’en rêve vient la marée.
Jacquot part avec le flot
Même les pêcheries peuvent appareiller


dimanche 27 mai 2007

Port Lavigne

Village niché au creux d’un grand port
Endroit, perdu, presque oublié
au coeur d’une île de l’avant-port
au creux d’un bras presque comblé.
C’était le refuge des grands voiliers
L’espace ultime pour l’évitage
A l’abri du fleuve sauvage
De ses courants et ses dangers
A l’automne les roux foisonnent
s’entassent et parent de brun et d’or
Les rives de l’ile de cheviré

jeudi 17 mai 2007

Nous tiendrons table nouvelle

Nous tiendrons table nouvelle,
Et fêterons la rose en ces lieux,
Quand reviendront bonnes nouvelles.
Gardons nos coeurs pour d’autres cieux.

Nous tiendrons table nouvelle,
A tout espoir je ne sursois.
Je crois en l’homme libre et rebelle
qui refuse le chacun pour soi.

Nous tiendrons table nouvelle,
Ferons place nette des jours passés.
Et en allant à l’essentiel
Reconstruirons la société.

Nous tiendrons table nouvelle,
Accueillerons les opprimés.
La vague qui enfle sera belle,
Et même Royal en vérité.

Ce n'était qu'un jeu

Ce n’était qu’un jeu,
tu le disais toi-même,
un peu un baptème,
se croire courageux.

un monde fabuleux,
des plaisirs intenses
sensations planantes,
le mirage du "rêve bleu"

se croire un demi-dieu,
et serrer un foulard,
mais pas colin-maillard,
beaucoup plus dangereux.

Il a suffit qu’une fois
le noeud se resserre ...
tes yeux se fermèrent
pour la dernière fois.

dimanche 6 mai 2007

Panier de crabes

Ils sont venus par la marée
Pour se montrer avec confiance
Ils sont venus comme attirés
par le pouvoir, par la puissance.

Ils sont venus nous expliquer
Qu’ils sont plus beaux, qu’ils sont plus forts
Qu’il nous faut les écouter
Entre leurs mains est notre sort.

Ils sont venus dans le panier
Pour faire un sort à l’inconsciente.
ils sont venus pour pérorer
Pour étaler leur suffisance.

Ils sont venus chercher pitance
Chercher leurs sièges de députés
Ils sont venus pour faire bombance
avoir leur dû et leur duché.

J’en ai assez de ce panier
Des crabes qui trichent, des crabes qui mentent.
J’en ai assez des crustacés
Ils finiront à l’eau bouillante