dimanche 21 décembre 2008

Huelgoat

Pays des bois, pays de l’eau
Baigné de sources et de rivières,
Au gré des humeurs de la terre,
Au gré des humeurs de l’eau.

Poussent le granit et les ajoncs.
Naissent les contes et les légendes
Par ses chemins et par ses landes
Chevauchait le roi Gradlon

Il fuyait le flot, le naufrage,
L’eau aux portes de sa cité.
il songeait, talonnant MorVac ?’h
à Dahu disparue, Ys submergée.

Suivez, après la mare aux fées,
Les blocs du chaos des pierres,
Voyez le ménage de la Vierge
Et la mare aux sangliers,

Pays des hêtres et des ajoncs,
Ou l’eau courre à travers la lande,
Ou naissent les contes et les légendes
qui sont la mémoire des bretons.

mardi 8 juillet 2008

Rêve brisé

Il portait casquette, le capitaine
marchait toujours en chaloupant
tirait des bords, buvait sa bière
saluait le flot et le jusant

Petit garçon à Saint-Brévin
Voyait sortir les batiments
Saint-Nazaire et ses bassins
Portait le rêve au firmament.

Bel officier au regard fier
s’imaginait en commandant,
seul maître à bord sur sa passerelle,
voguant sans fin vers le ponant.

Quatre mots sur un papier
Font basculer une destinée.
Quatre mots pour dire adieu
Et s’en aller vers d’autres lieux.

Un rêve brisé, un homme à terre,
une vie qui n’a plus guére d’attrait.
Un peu de rhum, et trop de verres,
Et la douleur qui disparait

Il a finit au fond du port.
pauvre marin et triste sort
pour qui la vie fut de rallier
Sans cesse la banche au charpentier

Ceux dont il a fait la fortune
Se cotisant pour l’évenement
Offrir, émus, pour épitaphe :
"les bistrotiers reconnaissants"

vendredi 28 décembre 2007

Le père zim-zim

Joseph-Antoine Palemone, dit "le père zim zim"(1835-1908), était un musicien de rues dans la ville de Nantes. Il était souvent accompagné d’un autre mendiant-musicien, "gobe la lune"

Tzim tzim tzim fait la roue qui tourne
Joseph-Antoine commence à jouer
Pour le chaland et pour la foule.
Ses doigts volent sur le clavier

Que les fêtes sont populaires
Quand la musique fait danser
Quand ce fou de Palémone
Sur sa vielle s’est épuisé

Mais qui fut ce petit gnome
Au dos bosselé, aux jambes arquées ?
Ouvrons les yeux et sachons voir
Au-delà des difformités.

Peut-on vivre sans l’espoir
D’avoir un jour sa liberté ?
Parfois pour nous semble accessoire
Ce qui pour d’autres veut dire "manger"

Joseph-Antoine Palémone
Un nom maintenant presque oublié.
Un homme, rien qu’un homme,
Qui pour vivre dû mendier.

mardi 18 décembre 2007

A la pêche hauturière

REFRAIN
Larguez le cul, pour le chalut.
Gare au danger, chalut croché

Nous avons mis de bon matin
nos sacs à bord d’un bigouden
Les yeux embués, corps en sommeil
Pour les grands bancs, la mer, la veille.

Navires de bois, navires de fer
Tous armés en pêche haturière
Ne sont en fait que des moustiques
osant pêcher en mer celtique

La mer est belle, on l’a chanté
Elle est cruelle, a fait pleuré.
De proches en proches sur nos rivages
Des monuments pour des naufrages.

Le cap au large dans les embruns,
Le bateau tremble, s’ébroue sans fin.
Matelots préparent les apparaux
Sous les ordres du vieux bosco

"route pêche, garçon" a dit le vieux
"Sur dogger bank nous f’rons au mieux"
Et dans quinze jours si tout va bien
Ce s’ra "route terre" le bon refrain

Les cales pleines nous reviendrons,
Tout frais péché, du beau poisson.
Que nous vendrons à la criée,
Sur les quais de Saint-Guénolé.

Rester à terre, bien loin des ports,
Dormir au sec, c’est le confort.
Pourquoi partir, ré-embarquer ?
la vie est dure au grand métier.

Pour l’air du large au gout salé
Oiseaux de mer, mouette argentée.
Pour l’équipage et l’amitié
Les compagnons du grand métier

Pour l’océan, l’immensité
la brume marine, la houle croisée
Un horizon illimité
Un sentiment de liberté.

samedi 15 décembre 2007

Le traict salant

au creux des dunes d’escoublac
loin des regards, dans les halliers
dort un village, loin du ressac
Du tombolo. marais salés.

Au fil des ans les dunes avancent,
Et rongent peu à peu le marais.
la bôle se comble sous l’influence
Du tombolo. mares ensablées

Au coeur des dunes de la baie blanche
sous la plus grande dort un pierrier
de maisons basses de pierres de France
le tombolo les a comblées.

Au creux des pins du bois d’amour
résonne encore un vieux clocher.
il sonne encore, il sonne toujours,
salue le village ensablé.

Et le drapeau semé d’hermines,
claque au vent du traict salant
la fasce à l’onde d’azur
clamant la loire et le ponant

dimanche 2 décembre 2007

A Maistre François des loges.

A Maistre François des loges.
Qui du peuple fit l’éloge
Plume vive et trait alerte
Il croquait en quelques mots
La vie, la rue, le mal-être
Dans ses ballades à demi-mots

Il fut Francoys dont il lui poisse
Né de Paris emprès Pontoise
Et par ces mots à lui empruntés
Voudrai ainsi rendre hommage
A celui dont Moncorgé fut le nom.
Il pris pour plume Francois Villon

dimanche 11 novembre 2007

Le roi Marc'h

Laissez-moi vous conter l’histoire, à peine remaniée,
D’un roi de basse bretagne, aujourd’hui oublié.
Il vécut en des temps anciens, forts reculés,
Marc’h était son nom, voici sa destrnée :

L’homme aimait la chasse et la traque du gibier,
Il poursuivit longtemps une biche apeurée
Lacha plusieurs flèches, sans jamais la toucher,
Mais la forçat enfin, aux roches de Tréoultré.

Croyant l’affaire faîte, la course achevée,
Il descendit de son grand destrier,
sortit son couteau, allait l’achever,
Quand de sous la peau du cervidé

Sortit une jeune fille paraissant énervée.
Je suis Dahut dit-elle, de l’océan suis née,
J’ai rang de princesse et tu m’a défié.
La vengeance sera mienne, ainsi ai-je décidé :

Des oreilles de ton cheval, tu seras affublé.
La sentence à peine prononcée fut pleinement exécutée
Et le roi dut cacher cette triste vérité.
Ainsi fut-il fait et pour de longues années,

Rien ne transpira, tout fut bien gardé..
Il fut dit dans les campagnes, mais à voix chuchotée :
femme qui partage sa couche au matin est emmenée.
Nul n’en trouve trace, elle disparaît à jamais.

Il en est ainsi chaque jour de l’année.
Pourtant, un homme sait. Le roi lui a confié.
Chaque matin il le voit et le rase. Il est son barbier.
Un secret si lourd pousse à s’en libérer.

Au vent et aux roseaux le secret fut crié.
Grande fête au château fut un jour décidée
De cornouailles ou d’ailleurs les plus grands furent conviés.
Un musicien était là, il était admiré,

Comme un grand pen soner était considéré.
Pour que le son éclate, que la musique fasse danser
Il ordonna à tous ses sonneurs : "que les anches soient changées"
Et comme il est de bon usage dans l’art de bien sonner,

Dans de jeunes roseaux les sifflets furent taillés
Faut-il vous conter la suite ? vous l’avez, je pense deviné.
Quand les sonneurs du bagad ont commencé à jouer
Binious et bombardes ont à l’unisson résonnés :

"Le roi Marc’h a les oreilles d’un équidé"